Ressources

Les matériaux sont importants

introduction

Le saviez-vous ?

La production d’un t-shirt en coton nécessite 3 000 litres d'eau. 8 000 litres peuvent être nécessaires pour un seul jean !

Le choix du tissu à utiliser est l’un des aspects essentiels du processus de conception, impactant non seulement le style, la qualité et la durée de vie de votre vêtement mais aussi son impact sur l'environnement.

 
QUE PUIS-JE FAIRE ?

Tout d’abord, apprenez-en plus sur les matériaux disponibles et ceux qui sont fréquemment utilisés. Quels en sont leurs impacts et quelles sont les ressources les plus respectueuses de l'environnement ?

Ensuite, il est important de penser à la fin de vie de votre produit dès le début de la conception : que ferez-vous des vêtements après leur utilisation ? Par exemple, quelles seront les options de recyclage ? Quelles seront les ressources les plus faciles à réutiliser ?

Pensez aussi à prendre en compte les conséquences de l’utilisation de certains revêtements, accessoires et finitions. Demandez-vous ce qui pourrait empêcher un processus de recyclage complet.

Il se peut que vous préfériez faire les choses différemment et innover avec des textiles non traditionnels tels que les tissus fabriqués à partir de (bio) déchets. L’industrie biologique a beaucoup de nouveaux matériaux innovants en stock. Vous avez probablement déjà entendu parler des tissus fabriqués avec des bouteilles en plastique PET mais saviez-vous qu’il est aussi possible de transformer du lait ou du café en matières textiles ?

Vous pouvez aussi travailler avec des chutes de textile. Même un petit pays comme les Pays-Bas en brûle jusqu’à 135 millions de tonnes chaque année. Ne peut-on pas utiliser ces rebuts pour créer de nouveaux vêtements à la mode ?

Et pour conclure, quelque chose qui ne vient pas immédiatement à l’esprit mais qui s'avère être une source d'innovation : l’observation de la nature, pour trouver des solutions innovantes aux problèmes rencontrés pendant la réalisation de la « pièce parfaite ».

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Optez pour des matériaux à faible impact

Classer les tissus selon leur impact environnemental n’est pas une tâche facile. Difficile en effet de dire ce qui est le plus respectueux de l’environnement : un tissu en fibres naturelles ou en fibres synthétiques. Chaque matière affecte l’environnement à sa manière.

La recherche montre que l’impact de la culture et de la production textiles reste un sujet à débat. Les matières synthétiques sont habituellement considérées comme néfastes, alors que les matériaux naturels sont jugés bons. Même si la production de matières synthétiques a sans aucun doute un impact, les matières naturelles comportent aussi des inconvénients.

Matière à réflexion :

  • La production de 1 kg de coton requiert 3 800 litres d’eau, alors que seulement 17 litres sont nécessaires pour produire 1 kg de fibres de polyester. Et le coton n’obtient pas un meilleur score si l’on considère l’usage de pesticides.
  • D’un autre côté, la production de polyester demande deux fois plus d’énergie que celle du coton, elle génère plus de pollution de l’air (CO2) et de l’eau et elle puise dans les matières non recyclables.

Il est donc clair maintenant que chaque matière possède ses propres forces et faiblesses. Si on essaye d’établir celui qui a l’impact le plus faible, les types de matière qui viennent à l’esprit sont :

  • dérivé de produits naturels (bio-déchets),
  • biodégradable,
  • renouvelable ou qui se reconstitue / repousse rapidement.

Compte tenu des récentes expériences (réussies) dans cette direction (avec le Lyocell, le chanvre, le bambou...), il est prévu que ces matériaux jouent dans un futur proche un rôle important dans l’industrie de la mode. Toutefois, le coton et le polyester restent les chouchous de l’industrie. Ces deux fibres les plus importantes (commercialement) représentent plus de 80% des tissus de la mode (avec des chiffres toujours en hausse pour le polyester année après année).

Nous examinerons ci-dessous plus en détail les tissus conventionnels et les plus récents. Nous avons également rassemblé une liste des matériaux les plus couramment utilisés, de la manière dont ils sont fabriqués et des risques, impacts et alternatives qui existent dans chaque cas.Un rapide ‘conseil & astuce’ en image : Les aperçus des matériaux et les résumés des matériaux de Textile Exchange constituent un ensemble d’outils conçus pour vous aider à comprendre pourquoi le choix d’utiliser certains matériaux fait une différence dans l’industrie du textile, du vêtement et des chaussures. Ce choix pourrait avoir des conséquences positives ou négatives en fonction du matériel et du réseau d'approvisionnement.

 
LES TISSUS CONVENTIONNELS

(Source : Lynsey Dubbeld)

LE COTON
  • Le coton ordinaire
    La superficie des terres pour la production de coton ordinaire a augmenté considérablement. Elle a triplé en 80 ans, principalement en raison de l’utilisation des engrais artificiels, des insecticides et des pesticides. En conséquence, les sols perdent leur fertilité, les eaux deviennent polluées, les niveaux de résistance des cultures baissent et les résidents voisins des zones de culture développent des problèmes de santé. La culture du coton est responsable de la plus grande consommation d’eau de l’industrie. L’irrigation des champs entraîne la salinisation qui, à son tour, détruit des terres agricoles. De plus, l’irrigation assèche les zones environnantes.
     
  • Le coton génétiquement modifié​
    ​​
    Le coton génétiquement modifié apporte quelques réponses mais il rencontre une certaine résistance. D’une part, ces cultures sont modifiées pour résister aux insectes nuisibles et aux maladies, ce qui signifie qu’elles nécessitent moins de pesticides. Mais d’autre part, les spécialistes tirent la sonnette d'alarme sur le fait que travailler avec des cultures modifiées peut nuire à la biodiversité de la région. Les graines sont aussi beaucoup plus chères et doivent être rachetées chaque année.
     
  • Le coton bio
    Le coton biologique présente de nets avantages par rapport au coton ordinaire et au coton modifié. Sa production est exempte de pesticide et d’engrais artificiel, et la rotation des sols est utilisée pour garder une terre fertile et protéger la biodiversité. Le grand inconvénient : la productivité est de moitié moins élevée que celle du coton ordinaire, ce qui signifie qu’il faut plus de terres pour produire la même quantité de coton et cet aspect décourage les agriculteurs. Aujourd'hui, seulement 1 % de la production totale de coton est biologique. Toutefois, un revirement complet pourrait entraîner un énorme bénéfice environnemental.

(Note : pour recevoir un label OE Blend de Textile exchange, un produit doit simplement contenir 5 % de coton biologique. Cependant, la norme minimale pour la certification GOTS est de 70 %. Le label OE 100 (Textile exchange) fait encore mieux, garantissant un coton 100 % biologique. Apparemment, les labels sont importants ! )

LE POLYESTER

Le polyester souffre d’une mauvaise image ; il est considéré comme peu attrayant et peu écologique. Pourtant, il a ses mérites par rapport au coton. Le polyester fait mieux en termes de consommation d’eau et de produits chimiques ; le tissu est résistant à l’usure et mieux adapté au recyclage.

La production du polyester, de fibres acryliques et de nylon nécessite une grande quantité d’énergie et de combustibles fossiles. Toutefois, cet inconvénient est compensé par le fait que ces tissus peuvent être lavés à basse température, sèchent rapidement et n’ont guère besoin de repassage. De nouveau sur le côté négatif, des particules de plastique sont libérées au lavage et finiront dans la mer. Et un océan rempli de plastique n’est guère une perspective attrayante, n’est-ce pas ?

LA LAINE

La laine est un produit naturel et résistant à l’usure qui, néanmoins, nuit à l’environnement. La production de laine nécessite beaucoup d’eau ainsi que des insecticides toxiques contre les mites, les parasites et les champignons. La production de laine biologique s’en passe néanmoins : les chèvres et les moutons sont nourris avec des aliments biologiques, sont élevés en liberté et ne reçoivent aucun antibiotique ou médicament chimique. Pourtant, malgré ces conditions de vie, ces animaux produisent beaucoup de méthane (qui accroît l’effet de serre).

LA SOIE

Pour produire des fils de soie brute, le cocon d’une chenille est cuit ou bouilli. Un cocon donne 300 à 900 mètres de fil et n’a besoin d’aucun engrais artificiel, de pesticides ou autre produit chimique que ce soit. Cependant des produits chimiques sont impliqués dans le processus de lavage, de teinture, de blanchiment et de renforcement de la soie.

La soie Ahimsa est une alternative respectueuse de l’animal contrairement à la soie traditionnelle (où les chenilles sont bouillies vivantes). Bien qu’en général sa qualité soit moins bonne que celle de la soie traditionnelle, la soie Ahimsa est cultivée en forêt sans utilisation de produits chimiques, et les cocons ne sont pas collectés tant que les papillons n’ont pas éclôt.

LE CUIR

Le cuir a une image positive grâce à sa longévité, mais le tannage dégage beaucoup de produits chimiques toxiques. Par ailleurs, une fois que le cuir est tanné, il se dégrade difficilement.

Ici aussi, nous avons une alternative biologique avec des processus naturels de tannage qui utilisent de l’acide tannique et de l’huile de poisson, tout en tenant compte des circonstances dans lesquelles les animaux sont élevés.

Le cuir de poisson gagne en popularité en tant qu’alternative responsable au cuir ordinaire. Les cuirs de peaux de bar, saumon, poisson chat, raie ou morue seraient même plus solides que le cuir classique.

LE DENIM

Les blue jeans sont en coton et teints de manière intensive. De grandes quantités de poison, de colorant et d’eau sont utilisées dans le processus. Pour cette raison, certaines rivières en Chine sont même devenues complètement bleues. En outre, le décapage des jeans peut causer une maladie pulmonaire grave (la silicose). Plusieurs entreprises tentent d’interdire l’utilisation de cette méthode à leurs fournisseurs, mais il est difficile d’avoir un véritable suivi de contrôle.

De plus en plus d’entreprises se tournent vers des solutions alternatives telles que le coton biologique, le coton recyclé et le Lyocell. Malheureusement, les teintures naturelles sont toujours plus chères en raison d'un faible marché actuel (même si le potentiel de croissance est vraiment prometteur). 

LE CHANVRE

Le chanvre pousse extrêmement rapidement sans l'aide d'aucun engrais artificiel, ni de pesticide ou d’irrigation. Alors qu'un hectare de coton donne 300 à 1 100 kg de fibre, le chanvre varie entre 1 200 et 2 000 kg. Un pantalon en chanvre durerait cinq fois plus longtemps qu’un pantalon en coton, tout en étant biodégradable.

Cependant notre accès aux fibres de chanvre est limité et en fait un obstacle pour la percée de cette matière. Les gros acheteurs ne sont pas intéressés car les quantités sont trop faibles, et la production n’augmentera pas tant que la demande n’est pas garantie. Un cercle vicieux, n’est-ce pas ?

LE BAMBOU

Le bambou est une autre plante à croissance rapide qui ne nécessite pas de produit chimique ni de grande quantité d'eau. Son impact réside plutôt dans le processus chimique de transformation de la tige de bambou en pulpe, au moyen d’acide toxique. Le processus peut conduire à la pollution des sols et de l'eau s’il n’est pas soigneusement effectué. Le bambou peut également être transformé en pulpe mécaniquement, mais c’est une technique à petite échelle, qui est donc plus coûteuse et plus rare.

LE LYOCELL

Le Lyocell est fabriqué à partir d’eucalyptus, un arbre à croissance rapide dont les fibres peuvent être extraites en dégageant très peu de déchet toxique. La production du tissu n’est pas toxique non plus. Le Lyocell est réutilisable, biodégradable et peut être lavé à basse température. Malheureusement, c’est un textile difficile à teindre, d’où la tentation des producteurs de se tourner vers les teintures chimiques.


LES FIBRES MOINS CONNUES

Actuellement, des recherches sont menées pour trouver de nouveaux matériaux durables.

  • En 2011, la société allemande Qmilch Deutschland GmbH a également mis au point une fibre de lait, nommée Qmilk. Ce tissu doux et naturel est antibactérien et parfaitement adapté à l’industrie textile.
  • Piñatex est également une matière innovante. Ce tissu est fabriqué à partir de feuilles d’ananas et peut servir d’alternative au cuir animal.
  • La société japonaise Teijin est notre dernier exemple. La société a passé ces 10 dernières années à développer une nouvelle technologie pour transformer les vieilles fibres de polyester en un nouveau fil (polyester). Ce système en boucle fermée, appelé ECO CIRCLE, a permis depuis 2002 de créer plusieurs polyesters recyclables avec diverses caractéristiques.

(Source : Kate Fletcher)

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Choisir des fibres recyclées ou recyclables

La famille des textiles recyclés accueille continuellement de nouveaux membres. Le recyclage des tissus marque des points en termes d’impact, car le processus consomme moins d’énergie, moins de ressources et de produits chimiques que la production de nouveaux textiles. En se tournant vers des fils et textiles existants, on réduit le besoin de fabriquer des tissus avec des matières premières vierges comme le coton, la laine ou le fil synthétique. Cela économise de l’énergie et évite la pollution due aux procédés traditionnels de teinture, lavage et récolte.

Il est toujours bon de connaître le potentiel de recyclage des tissus et de prendre en compte les lignes directrices garantissant que les vêtements en fin de vie resteront dans le cycle. Vous pouvez vous renseigner sur les critères pertinents en cliquant sur « Le design pour la renaissance » et « Recycler les textiles ».

Gardez à l’esprit que la meilleure solution est toujours d’éviter le gaspillage et que le recyclage devrait venir en dernier recours.


COMMENT FONCTIONNE LE RECYCLAGE ?
  • Les matières naturelles 
    Le recyclage des matières naturelles (comme le coton et la laine) se fait mécaniquement : c’est un processus de décapage et de déchiquetage du tissu en petites particules ou en fibres. Les fibres qui émergent de ce processus sont cassées et déchirées, et donc très courtes. L’utilisation de ce type (unique) de fibres mettrait en danger la qualité du tissu ; le produit ne serait pas assez solide et se désintégrerait rapidement. Pour obtenir une meilleure qualité, les courtes fibres sont mélangées à de (nouvelles) longues fibres moins fragiles.
     
  • Les matières synthétiques
    Alors qu’il n’y a qu’une seule façon de recycler les matières naturelles, plusieurs options existent pour les tissus synthétiques. Ces derniers peuvent être recyclés aussi bien mécaniquement que chimiquement. Le polyester, dans ce cas, composé principalement de déchets industriels et de plastiques « post-consommation » (comme des bouteilles), est écrabouillé, fondu puis filé en de nouvelles fibres.

La demande pour le polyester recyclé est en hausse, spécialement dans les marchés de l’habillement sportif et d’extérieur. Mais le recyclage des matières naturelles est à la traîne et court le risque de rester encore en marge pour un certain temps. Les nouvelles matières naturelles sont peu coûteuses. C’est pourquoi ils continuent de dominer le marché et limitent le besoin de nouveaux développements dans le recyclage. L'innovation est pourtant nécessaire. Dès que nous aurons une méthode pour extraire des fibres plus longues, il est probable que la qualité (et avec elle la demande) augmentera.

 
LES DIFFÉRENTS TISSUS – LES DIFFÉRENTS PROCÉDÉS DE RECYCLAGE
LE COTON

L'industrie du coton est une grande consommatrice d'eau, de pesticides et d’insecticides. Le coton recyclé est alors une alternative qui contribue à réduire la pollution et la consommation des ressources. Les déchets de coton étant déjà teints, il n’est plus nécessaire de les colorer. Ceci est un plus, car les procédés de teinture impliquent l'utilisation de produits chimiques et de beaucoup d'eau.

Les grandes quantités de déchets de coton se trouvent aussi bien dans les phases de « pré-consommation » que de « post-consommation ». La phase de « pré-consommation » signifie que des déchets sont émis à chaque étape du processus de production. Des déchets sont créés lors de la production du fil et du tissu ainsi que lors de la fabrication du vêtement lui-même. Les déchets de la phase de « post-consommation » renvoient quant à eux aux vêtements qui sont mis au rebut après utilisation.

La première étape du recyclage du coton est le tri des déchets selon le type et la couleur. Ensuite, les tissus triés sont mécaniquement déchirés en lanières, puis démêlés en fibre. Les fibres obtenues sont plus courtes que les nouvelles fibres, ce qui les rend plus difficiles à filer. C'est pourquoi le coton recyclé est souvent mélangé à de nouvelles fibres de coton pour assurer la qualité et la solidité du fil. Parfois, il n’y a pas plus de 30 % de coton recyclé dans un nouveau tissu.

LE POLYESTER ET LE PLASTIQUE

Les polyesters ne sont pas les mieux placés concernant le respect de l'environnement. Il vaut donc mieux utiliser les masses de déchets (plastique) existants que de produire encore de nouveaux plastiques. Choisir du polyester recyclé, c’est éviter d’utiliser du pétrole brut, un composant essentiel de la production de nouveau polyester.

De nos jours, la production de polyester recyclé est principalement alimentée par les bouteilles en plastique, les déchets de production et les vêtements mis au rebut. Le tissu ou le plastique est écrabouillé, fondu, puis tiré en fil.

L'utilisation de polyester recyclé est à la hausse, tout comme sa notoriété. Alors que Patagonia fut un pionnier plutôt solitaire dans le recyclage du polyester, aujourd’hui de nombreuses marques rattrapent leur retard. La collection populaire RAW for the Oceans de G-Star et Pharrell Williams, par exemple, fut réalisée à partir de Bionic Yarn, un heureux mélange de plastiques recyclés et de coton.

LE NYLON

Le nylon est fabriqué à partir du pétrole, tout comme le polyester, mais il est beaucoup plus difficile à recycler. Après des années de recherche et de test, des fibres de nylon recyclé qui peuvent être utilisées pour des vêtements et qui répondent aux exigences de qualité ont finalement été mises au point.

Le nylon recyclé est fabriqué à partir de fibres post-industrielles, le fil provenant du processus de filage et de tissage des déchets. Econyl pousse même l’expérimentation avec des filets de pêche industrielle mis au rebut.

LA LAINE

La laine doit répondre aux exigences strictes de couleur et de qualité avant de pouvoir être utilisée pour filer un nouveau fil. Travailler avec de la laine recyclée est assez laborieux, mais présente des avantages écologiques. Le processus de teinture peut être complètement éliminé et l'utilisation d'eau et de produits chimiques peut être évitée.

LE DENIM

Un jean peut être recyclé de diverses manières et la recherche de nouvelles idées pour prolonger la vie de ces fibres est en cours. Nudie jeans par exemple a réalisé un nouveau denim à partir de jeans usés. Ceux-ci furent découpés en lanières et moulus en une pâte cotonneuse qui, à son tour, a servi comme matière première pour le nouveau fil. Parce que le fil recyclé est constitué de fibres relativement courtes, du coton vierge a été ajouté pour obtenir un tissu solide.

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La réutilisation et le re-design des déchets

La réutilisation de déchets textiles pour la création de nouveaux produits est déjà largement répandue et aujourd’hui ce processus se professionnalise de plus en plus. Le réemploi, le re-design ou la revalorisation sont considérés comme des stratégies éco-efficaces, même si ces approches ne traitent pas le problème réel, à savoir l'augmentation de la production et de la consommation. Ceci étant, nous avons une énorme quantité de déchets textiles et de vêtements à notre disposition, ce qui (à juste titre) renforce la popularité de cette stratégie.

LES DÉCHETS TEXTILES ET VESTIMENTAIRES

De nombreuses marques utilisent l’excédent de tissus provenant de l'industrie traditionnelle de la mode pour produire leurs propres vêtements.

LE TEXTILE RÉUTILISÉ

La façon la plus évidente est de travailler avec des vêtements usagés (également appelés rejets post-consommation). Le processus se résume à faire de nouveaux vêtements avec de vieilles pièces ou tissus. Les tissus de l'industrie de la mode ne sont pas les seuls utilisables – pensez, par exemple, les vieux tuyaux d'incendie, parachutes, drapeaux, pneus de voiture... la liste est longue ! Tant que le textile jeté est réutilisé de façon créative et qu'il peut réintégrer le marché sous la forme d’un nouveau produit, le contrat est rempli.

LA RÉUTILISATION DE DÉCHETS DE PRODUCTION

Il vaut mieux intervenir en amont plutôt que se concentrer sur la fin de vie du produit. Les stylistes travaillant avec des chutes de pré-consommation choisissent des pièces ou des tissus déjà considérés comme déchets durant le processus de production ou de conception (c’est-à-dire avant d’arriver dans l’armoire du consommateur). La production de tissus ou la coupe de patrons génèrent souvent ce type de surplus.

 
LES DÉCHETS BIOLOGIQUES

Un autre type de déchets souvent négligé est celui des déchets biologiques. Transformer les restes alimentaires en produits de mode ? Yes we can!

Qmilk est le magnifique exemple d’un procédé de production exceptionnel par lequel les protéines de lait sont transformées en fibres textiles. La protéine est extraite de lait impropre à la consommation. Mais bien qu’elles contiennent encore des substances précieuses, 1,9 million de tonnes de lait sont jetées chaque année en Allemagne ! Les protéines reconverties en fibres peuvent être utilisées pour les vêtements, le design d’intérieur, des applications industrielles et des équipements médicaux.

D’autres exemples sont Piñatex, un produit à partir de fibres de feuilles d’ananas, ou S.Café, un tissu fabriqué à partir de café.
Ces types de développements méritent certainement d'être gardé à l'œil!

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Apprendre de la nature

Bien que vous n’y pensiez pas immédiatement, l’inspiration que l’on peut trouver en observant simplement la nature est étonnante. Après tout, la nature a traversé des millions d’années d’innovation et a découvert des solutions très intelligentes à des problèmes que nous pouvons, nous aussi, rencontrer. Le terme scientifique pour ce principe est le « biomimétisme », ou imitation de la nature.

En outre, il est intéressant de connaître les finitions qui sont respectueuses de l’environnement et de chercher des alternatives aux produits faits par l’homme afin d’accroître les chances d’un processus naturel de recyclage (également appelé « Cradle to cradle »).

LE CERCLE DE VIE : CRADLE TO CRADLE

Du berceau au berceau (Cradle to cradle, C2C) est l’un des plus anciens principes de l’économie circulaire, mais c’est également l’un des plus difficiles. Tout a sa place dans la nature : chaque chose vient à la vie composé de ressources naturelles puis meurt en disparaissant lentement dans la terre. C’est le système de boucle fermée le plus avancé. Pour les produits industriels, clore cette boucle est presque impossible. Cependant, nous pouvons toujours essayer d’imiter le principe.

Le concept « Cradle to cradle » fut présenté au début du XXIe siècle par William McDonough et Michael Braungart. Ils considérèrent qu’un vêtement était un produit écologique, car constitué (pour l’essentiel) de matiéres naturelles. Cela implique la possibilité de le renvoyer à la nature, ou de le rendre biodégradable. Cliquez sur ‘Textile organique biodégradable’ pour vous informer sur les tissus biodégradables.

Cependant dans la réalité, les vêtements ne se composent pas d’un seul tissu ; ils sont souvent faits d’un mélange de tissus (la plupart du temps des polyesters) et sont fortement enduits ou teints, ce qui en empêche la biodégradation. La condition sine qua non pour réussir une démarche C2C est de changer radicalement la fabrication de nos produits en tenant compte dès le départ de la biodégradabilité.

Nous examinerons quelques finitions qui pourraient être des alternatives intéressantes aux méthodes traditionnelles, parce qu’elles facilitent la biodégradation et donnent ainsi un peu de répit à la nature.

LES TEINTURES NATURELLES

Nous sommes actuellement confrontés à une offre énorme de teintures synthétiques. Elles ont effacé les teintures naturelles du marché car elles permettent plus de couleurs et s'use moins facilement avec le temps.
Toutefois les plantes pourraient devenir une alternative de choix pour la préparation des teintures. C’est d’ailleurs de cette manière que les tissus étaient teints jusqu’en 1850.

La teinte que donnera une certaine plante n’est pas toujours immédiatement identifié. Il est logique que les betteraves rouges donnent une couleur rouge, mais il faut un peu plus d’efforts pour découvrir comment un oignon peut être transformé en une pâte brune.

Ci-dessous vous trouverez un aperçu des couleurs qu’il pourrait être amusant d'expérimenter. L'inconvénient est que les colorants naturels nécessitent souvent des traitements qui sont nocifs pour l'environnement. Il nous appartient donc d’innover dans ce domaine !


(Source : Natuurlijk Verven (Colorer naturellement) – Roos Soetekouw)



LES REVÊTEMENTS

Le revêtement est un autre procédé de finition qui retarde le recyclage. Un revêtement est une couche de protection : un tissu ou un non-tissé, un film ou une feuille (PVC, PU, silicone ou autre) est placé sur un matériau (nylon, polypropylène, polyamide, coton, laine) afin d'améliorer les qualités et les propriétés de ce dernier. Ici aussi il serait nécessaire de chercher une alternative respectueuse de l'environnement.
(Source : Sioen)
 

LE BIOMIMÉTISME : À LA RECHERCHE DE SOLUTIONS ASTUCIEUSES

En plus de la recherche d’options respectueuses de l'environnement, vous pouvez aussi vous inspirer de la nature pour trouver des solutions spécifiques. Voici quelques exemples :

LE NETTOYAGE

Tous les fluides déposés sur une feuille de lotus glissent de la surface en nettoyant la plante à leur passage. Cet effet est appelé « super hydrophobicité » ou « effet lotus ». Il s’applique souvent sur les vêtements qui bénéficient de ces qualités autonettoyantes, comme des imperméables ou des vêtements de travail.

LES ANTI-ALLERGÈNES

D'autres se tournent vers le chitosane. Issu des coquilles de crabe, il possède des propriétés antibactériennes naturelles. Les chercheurs étudient actuellement les possibilités de son utilisation pour le matériel des pompiers, des sauveteurs ou pour les pyjamas des enfants.

D’AUTRES EXEMPLES

Vous savez sans doute que le principe des bandes Velcro a été calqué sur les crochets de la plante bardane. Ou vous avez entendu parler du « costume de requin » de Michael Phelps : un maillot de bain qui ressemble tellement à la texture d’une peau de requin que d'autres nageurs ont pensé qu’il lui donnait un avantage déloyal.

En bref, il y a de très nombreux exemples et nous ne rentrerons pas plus dans les détails, mais vous voyez ce dont il est question.

Pour conclure, nous aimerions vous conseiller AskNature pour plus d'informations et d'inspiration.

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Pensez à tous les aspects de votre produit

Nous savons maintenant que la possibilité de donner une seconde vie à votre vêtement dépend en grande partie du choix des ressources.

Cependant il y a beaucoup plus dans un vêtement que des pièces de coton. De nombreux éléments sont ajoutés avant qu'il ne soit fini. Et bien que nous n’y avions pas immédiatement pensé, ils peuvent empêcher nos bonnes intentions de recyclage.

La clé du recyclage est dans le processus de tri. Il est donc essentiel que les machines puissent reconnaître le tissu aussi facilement que possible. Autrement dit la composition de votre produit doit être évidente. Gardez cela à l'esprit pendant le processus de finition, ou lors de votre choix d’articles de mercerie. 

Quelques conseils :

  • Si possible, limitez-vous à un seul type de fibre par vêtement ; évitez de mélanger.
  • Assurez-vous que le type de fibres soit facilement reconnaissable en surface. L'utilisation d'un revêtement (en particulier les stratifiés) peut vraiment compliquer le processus de tri.
  • Votre technique de tissage a aussi son influence : des tissés où des fibrent en cachent d'autres peuvent donner des résultats incorrects.
  • Le métal pose problème, donc vous préférerez l’éviter. Il est filtré par les détecteurs de métaux, car il peut causer de grave dommages aux machines de recyclage.
  • Les fermetures éclair, boutons et les étiquettes devraient être faciles à enlever. Dans un monde idéal, vous ne les utiliseriez pas du tout.
  • Assurez-vous de faire des étiquettes qui soient du même matériau que votre vêtement.
  • Choisissez des coutures que vous pouvez facilement supprimer. Lorsque vous utilisez du fil, ne prenez pas du polyester pour un vêtement en coton.

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